La Fondation Sagamie se tourne vers l’énergie propre

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La désuétude des équipements au mazout lourd, les problèmes de structure de la cheminée et une nouvelle conscience environnementale font pencher la Fondation Sagamie pour le gaz naturel.

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La Fondation Sagamie est une entité faisant partie du Groupe de la Fondation de l’Université du Québec à Chicoutimi. Elle est propriétaire du Pavillon Sagamie, qui a été reconnu en 1999 comme carrefour de la nouvelle économie par le gouvernement du Québec. 

Les installations du pavillon étaient composées d’une chaudière de marque Volcano, datant de 1960 et fonctionnant au mazout lourd. Celle-ci assurait la production de vapeur à haute pression nécessaire pour répondre aux besoins du bâtiment. Lorsque la chaudière d’une puissance initiale de 500 HP, dont la puissance avait été réduite à 300 HP au cours des années, a commencé à montrer des signes de fatigue, les gens de la Fondation se sont questionnés sur son remplacement.  

Lors du processus de remplacement, la Fondation a pris en considération les éléments suivants :  

  • La cheminée, d’une hauteur de plus de 100 pieds, commençait à se fissurer à certains endroits et devait être réparée ou simplement démolie pour être remplacée;

  • Les résidents des alentours questionnaient la présence d’un panache de fumée noire, d’une odeur de mazout et d’une fine poussière émise lors du fonctionnement de la chaudière;

  • La conscience environnementale de la Fondation voulant utiliser une énergie plus propre que le mazout lourd.

Le temps était venu de soupeser l’utilisation d’une source d’énergie moins polluante. La Fondation avait toujours utilisé le mazout lourd comme combustible, car elle croyait que celui-ci était plus économique à l’utilisation que le gaz naturel.  

Même si le mazout lourd possède une efficacité de combustion plus élevée que celle du gaz naturel, il s’avère un choix économiquement discutable. Il faut tenir compte de l’efficacité globale du système pour deux raisons importantes :  

  • Comparer les coûts, basés sur les pertes à la cheminée seulement, fait abstraction des pertes attribuables à l’huile lourde et fausse les coûts réels de production d’eau chaude ou de vapeur;

  • Quantifier les pertes à la chaudière et les autres pertes associées au combustible utilisé pour déterminer l’efficacité globale et les coûts réels.

Le tableau de comparaison de l’efficacité globale des systèmes démontre clairement le gain global en faveur du gaz naturel1

 Gaz naturelMazout
Efficacité de combustion82,05 %85,05 %
Type de perteGaz naturelMazout
Chauffage du réservoir d’huile 0,55 %
Préchauffage de l’huile 0,20 %
Perte dans les souffleurs de suie0,45 %
Encrassement par la fumée2,00 %
Atomisation de l’huile1,65 %
Eau supplémentaire et produits chimiques du traitement d’eau0,35 %
Pompage de l’huile0,20 %
Corrosion prématurée et entretien2,00 %
Additifs pour l’huile0,60 %
Radiation1,25 %1,25 %
Purges0,70 %0,70 %
Total des pertes1,95 %9,95 %
 Gaz naturelMazout
Efficacité globale (efficacité de combustion – pertes)80,10 %75,10 %
Gain global en faveur du  gaz naturel5,00 % 

La solution mise en place   

Le représentant des ventes de Gaz Métro a rencontré la direction de la Fondation avec un conseiller du Groupe DATECH, afin de sensibiliser ses membres à l’efficacité du gaz naturel comparativement à celle du mazout. Cette rencontre a permis de discuter de différents scénarios de remplacement et de conversion tout en exposant les avantages et inconvénients de chacun d’eux.  

Synergétik, une entreprise spécialisée dans la réfection de chaufferie, a été mandatée pour concevoir des scénarios, établir les coûts d’implantation et de fonctionnement de ceux-ci et rechercher les aides financières qui pourraient être applicables à chacun d’eux. Le défi consistait à concevoir un système moins polluant et respectant le budget actuellement consacré à l’énergie.  

L’option retenue a été celle permettant de se rapprocher le plus de l’objectif. Elle consiste en l’utilisation de deux chaudières à vapeur à gaz naturel Miura. La première est d’une puissance de 100 BHP et la seconde de 50 BHP. Cette option permet d’obtenir une bonne modulation et une sécurité d’approvisionnement. Un système de contrôle DDC est en place, permettant d’optimiser le fonctionnement des chaudières, de régulariser la température de l’eau des zones de chauffage en fonction de la température extérieure et, finalement, de mettre à l’arrêt les pompes de chauffage lorsque la température extérieure ne justifie plus le recours au chauffage.  

Le projet est un succès sur toute la ligne. En optant pour la solution qu’offre le gaz naturel, le client a réglé les problèmes des plaintes des voisins avec une combustion beaucoup plus propre, il bénéficie d’un meilleur coût d’entretien des appareils et d’une salle de mécanique plus propre et sans odeur, et il répond à son souci environnemental. Les améliorations contribuent à réduire les émissions de gaz à effet de serre, les pluies acides, le smog, et de façon très locale, élimine la fumée noire et la fine poussière émise par le système de chauffage précédent. De plus, la Fondation Sagamie a mis en place l’an dernier son installation de chauffage en conservant le même budget d’exploitation que lorsqu’elle utilisait le mazout lourd. 

Coûts du projet
Coûts des tavaux327 000 $
Aides financières obtenues95 035 $  
Coûts réels231 965 $  
Coût évitéRemplacement de la cheminée
Bilan énergétique
 

Avant

Actuellement
 MazoutÉlectricité BTGaz naturel
Consommations257 575 litres216 000 kWh212 920 m3
Consommations en Gj11 1127787 927
Émissions de gaz à effet de serre (GES en tonne équivalente de CO2)797 tonnes 405 tonnes
Économies annuelles   
Réduction de la consommation énergétique  3 963 GJ
Réduction des gaz à effet de serre* (GES en tonne équivalente de CO2)  392 tonnes
* Le niveau d’émission de plusieurs autres polluants est également grandement réduit. Mentionnons le SO2, les NOX et les matières particulaires qui sont pratiquement éliminées.

On peut conclure qu’il est possible de remplacer le mazout lourd de façon rentable lorsque tous les avantages d’utilisation du gaz naturel sont pris en considération.  

Daniel Gendron, ing.
Conseiller technique
Groupe DATECH  

Un grand merci à M. Laurent Richard de la firme Synergétik de Trois-Rivières pour sa participation active dans la réalisation de cet article.

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